"Vu de Droite", 25 ans après la première édition

Vu de Droite Alain de Benoist

Radio : La parution de Vu de droite, en 1977, a marqué un tournant dans l'histoire des idées contemporaines et imposé la Nouvelle Droite comme le partenaire incontournable d'un débat idéologique jusqu'alors monopolisé par une certaine gauche. Couronné à l'époque par l'Académie Française, salué par des personnalités aussi différentes que François Mitterrand et Louis Pauwels, Jean-Pierre Chevènement et Jean Cau, cet ouvrage monumental était depuis longtemps épuisé. Sa réédition récente constitue donc un événement très attendu. 

De l'archéologie à la philosophie, de la pédagogie à l'éthologie, de la biologie à la sociologie, cette véritable encyclopédie critique passe au crible les travaux et les écrits de quelque 140 écrivains, savants, historiens ou philosophes, jetant sur eux un éclairage novateur et, parfois, impitoyable. 


Alain de Benoist, un quart de siècle après, revient sur l'histoire de cet ouvrage et montre en quoi les "vues" qui y étaient développées ont trouvé leur confirmation dans l'histoire de la fin du XXe siècle.



PREFACE A LA NOUVELLE EDITION DE «VU DE DROITE» (2002)

La première édition de Vu de droite a paru en 1977, soit il y a vingt-cinq ans. Au cours des deux années qui ont suivi, ce livre a connu cinq réimpressions successives, pour un tirage global d’environ 25 000 exemplaires. Il a été traduit en italien et en portugais en 1981, en allemand en 1983-84, en roumain en 1998. En juin 1978, il a également reçu le Grand Prix de l’Essai de l’Académie française, dans des circonstances que j’ai eu l’occasion de raconter ailleurs (1). L’ouvrage se composait d’une grosse centaine d’articles, presque tous parus à l’origine dans l’hebdomadaire Valeurs actuelles et le mensuel Le Spectacle du monde, mais dont la substance avait été largement remaniée et augmentée. Ces articles étaient regroupés sous quelques grandes rubriques, destinées à en faciliter la lecture. Le sous-titre, « Anthologie critique des idées contemporaines », exprimait bien l’intention qui avait présidé à sa rédaction : dresser un tableau du paysage intellectuel et culturel du moment, établir un bilan, signaler des tendances, ouvrir des pistes et donner des repères pour aider (et inciter) au travail de la pensée dans un monde qui était déjà en train de changer considérablement. L’auteur est évidemment mal placé pour juger des causes du succès, relatif mais certain, qu’a connu ce livre. Mais ce qui frappe surtout aujourd’hui, c’est l’ampleur de l’écho obtenu à l’époque par cette production d’une maison d’édition, en l’occurrence les éditions Copernic, qui n’occupait pourtant elle-même qu’une position marginale. Le fait de publier un livre annonçant apparemment une couleur « de droite » ne faisait pas obstacle à la publication de nombreux comptes rendus dans la grande presse. Les témoignages et les extraits de critiques littéraires publiés en annexe de cette réédition en sont le témoignage. Un quart de siècle plus tard, la tendance s’est brutalement inversée. La montée de la « pensée unique », instrumentalisée par ceux dont elle pouvait le mieux servir les intérêts, a fait son œuvre. Je n’en ai été qu’une victime parmi beaucoup d’autres.
Alain de Benoist


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