Proudhon, Michel Onfray, Alain de Benoist et Thibault Isabel


Proudhon - Michel Onfray, Thibault Isabel, Alain de Benoist. TV Libertés

Vidéo : Les idées à l'endroit sur Proudhon - TV Libertés.
Alain de Benoist recevait Michel Onfray et Thibaut Isabel.


Proudhon est issu du milieu ouvrier. Autodidacte, penseur du socialisme libertaire non étatique, partisan du mutuellisme et du fédéralisme, il est le premier à se dire anarchiste en 1840. Il rejette le capitalisme, mais aussi le collectivisme autoritaire de Marx. Il valorise la libre association et l'autogestion. Il imagine la création d’une banque d’échange ou «banque du peuple», dont le but est l’abolition de la monnaie, du salariat et des profits dans le cadre des structures d’échange entre individus. Il élabore la théorie du crédit à taux zéro, anticipant le fonctionnement des mutuelles d'aujourd'hui. 






Michel Onfray revient sur sa rencontre avec Proudhon. Il présente les aspects de sa pensée qui lui ont paru les plus intéressants et peut-être aussi les plus actuels. 
"J'avais quinze ans [...]. J'avais une sensibilité populaire, on dira. J'avais envie de faire quelque chose pour le peuple. Mon père était ouvrier agricole et ma mère femme de ménage. Et je voyais l'exploitation. Pour moi, l'exploitation ce n'était pas un concept; c'était une vérité, c'était une humiliation, c'était une dignité qu'on ne donnait pas aux gens qui travaillaient et qui travaillaient dur; et j'avais envie d'être de gauche, du côté de la générosité, de la fraternité, de la communauté et je me cherchais à cette époque-là. [...] Et puis je suis tombé sur "Qu'est-ce que la propriété", que j'ai lu, sans forcément tout comprendre. Ce n'est pas facile de comprendre ce texte qui est faussement simple; mais il m'est apparu quand même assez vite et de manière presque instinctive qu'il y avait une pensée qui n'était pas purement conceptuelle. Il y a chez Marx une pensée conceptuelle: on sent le poids de Hegel. Il n'y a pas cela chez Proudhon. Il y a un désir d'être empirique, d'être concret, d'être près des gens, et peut-être plus éloigné du concept. Je ne comprenais pas tout cela, mais je le sentais. Donc j'ai lu Proudhon à cette époque-là. Je me suis dit: cette anarchie me plait, elle est concrète, elle est idéale sans être idéaliste et propose effectivement la mutualisation, la coopération, la fédération, et je me suis senti anarchiste. Mais j'ai voulu être anarchiste avec l'anarchie aussi..."

Thibault Isabel: "Là où Marx cherche un dépassement des contradictions, Proudhon, lui, cherche simplement à les équilibrer. Les contradictions sont irréductibles, parce qu'elles font partie de la vie, elles font partie de l'homme, elles font partie de la société. Ces contradictions, on doit faire en sorte qu'elles puissent peser d'une manière équitable dans la balance, pour que la vie de la société soit harmonieuse. Là où Marx est en fait un idéaliste ou un post idéaliste derrière son matérialisme, Proudhon renoue avec les sagesses de la Haute Antiquité, c'est-à-dire avec un pragmatisme qu'on pourrait qualifier de païen ou d'héraclitéen. Parce que chez Héraclite les oppositions ne peuvent pas se résoudre. Chez Héraclite les oppositions font partie de la vie. Et donc, à partir de là, on doit viser non pas un dépassement par la raison ou par l'Etat, mais un idéal d'Harmonie."



Michel Onfray: "Une révolution est possible par la comportement. Je crois à cela. Je pense vraiment que nous pouvons faire la révolution sans prendre le pouvoir, juste en organisant les choses différemment et en disant: nous n'obéiront pas aux diktats du capitalisme. [...] Je suis pour une révolution qui ne serait pas violente."


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